Née à Montréal, Louise Elie étudie d’abord la gravure et la photographie dans le cadre du Baccalauréat en Arts Plastiques décerné par l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Par la suite, elle exerce le métier de comédienne, jouant dans des productions thèâtrale à Montréal et à Toronto, Cette expérience l’amène à l’écriture et développe chez elle un intérêt tout particulier pour la psychanalyse. Une fois terminées de nouvelles études de maîtrise en psychologie, elle se consacre alors à une pratique de clinicienne.
En 2002, la photographie s’installe au centre de sa vie. Ce medium devient son mode d’expression privilégié, lui permettant de faire converger toutes ses expériences antérieures.
Démarche
La présence de l’eau et du mouvement est au coeur de mon travail.
L’eau apparaît dans mes images sous de multiples formes : étendue océane, surface de réflexion, pluie dévorante, gouttes, flot, ruissellement, brume, glace ou neige.
L’eau, symbole de continuité, de fluidité et de transformation, représente non seulement un élément naturel essentiel, mais aussi un reflet de mes émotions.
Elle est nécessaire à toute liaison organique impliquant le vivant, elle est le lien.
Quant au mouvement, il est intrinsèque à la vie, qu’il soit apparent ou non. La vie est soumise à une transformation continue.
Dans mon travail, chaque image devient un terrain d’exploration où l’instabilité et le changement se rejoignent, illustrant la nature éphémère du vivant.
Mon refus de définir la nature dans ses limitations, ses démarcations, et l’isolement qui s’ensuit, font apparaître un monde souvent insaisissable et délivré du temps.
Un monde sans rupture. Un état sans objet.
Un possible paradis perdu où se jouent le danger de disparaître et l’attirance vers un état de complétude.
Le jeu des contrastes, capturant des moments où la lumière perce l’obscurité ou encore éclaire le sujet dans toutes ses nuances, peut révéler des horizons infinis, à la fois lointains et fragiles. Il incite à une introspection, un voyage intérieur et rejoint les mouvements souterrains qui habitent chacun de nous.
L’espoir d’une clarté tout au long de l’obscurité se manifeste dans l’utilisation subtile de la lumière et de l’ombre.
Le processus d’obtention de l’image est lié à son sens.
J’utilise différentes techniques telles, entre autres, le mouvement de l’appareil photographique, les longues expositions, la superposition d’images, pour créer une sensation d’espace, une impression de présence indéfinie et susciter le sentiment que quelque chose nous échappe.
Je me laisse guider par la lumière ambiante, la transparence, les textures, le mouvement, le glissement et la fuite du temps, l’évocation de souvenirs et leur disparition, la beauté et la fragilité du vivant.
Mes images sont un moyen d’expression poétique qui touche aux thèmes de l’identité, de la mémoire, de la transformation et de la disparition.
Chacune est, à la fois, un appel à être, ainsi qu’une invitation à plonger en soi.